23 avril 2008
Bon alors voilà, à l’heure où j’écris ce billet je ne sais pas encore si je vais le publier mais je ressens là comme une envie de vider mon sac.
Ce projet de grand départ aura été certainement un grand révélateur de situations, de sentiments. Vis-à-vis de nos relations : tant amicales que familiales, il aura eu l’effet d’un tremblement de terre où seules les choses vraiment solides résistent.
Je suis depuis hier officiellement orphelin, c’est mon géniteur qui me l’a annoncé par téléphone. Virtuellement orphelin je tiens à le préciser, ils sont vivants. Oh, ne vous lamentez pas pour moi, l’idée de ne plus avoir de contact avec mes parents ne m’attriste pas en soi. J’avais déjà volontairement coupé tout contact depuis des mois. Non ce qui m’attriste c’est que celui-ci se sera obstiné dans son entêtement à ne pas reconnaitre ses erreurs. Aujourd’hui j’en suis sûr je n’ai jamais vraiment été compris par mes parents. Et c’est, je pense, ce qui me fait le plus de mal. Me dire que mes choix et orientations n’ont jamais été acceptés et ont toujours suscité de nombreuses discussions. Des discussions, avec tout le monde, sauf avec moi.
Depuis l’âge de 12 ans, j’ai toujours fuit la maison familiale en consacrant tout mon temps à la radio. Au départ je pensais que c’était ma passion qui me poussait dehors, aujourd’hui je sais ce qui me faisait fuir. Peut-être mon instinct de survie qui m’y a poussé. Non pas que j’étais en danger de mort, oh non loin de là. Le confort matériel était bien là. Mais plutôt le danger de devenir une « gentille personne morte » qui doit, pour être acceptée, se conformer à une autorité et ranger ses propres sentiments et ses propres envies.
Donc en ce jour je suis amer. Je ne souhaitais un belle et franche réconciliation. Non pas du tout. Trop de choses blessantes m’ont été dites et jamais une once de remords n’est apparue dans le chef de l’auteur de ces insultes. Mais au moins m’entendre dire : « on comprend les raisons de ta colère ». Il semble que je doive ranger définitivement aux oubliettes cette idées. Tant pis.
Vu d’un autre point de vue, je pars libre. Enfin.
10 avril 2008
« Ils sont beaux, ils sont là ! Venez voir nos visas ! »
C’est à peu près cela qu’on a envie de crier. Déplacement sur Paris pour rechercher ce que beaucoup appellent « le sésame ». Route très agréable. Enfants charmants à l’arrière. Nous aurons fait toutes les démarches avec eux. Sans les confier. Les grands moments se vivent en famille. Merci les petits loups. Vous avez été exemplaires. Le parking est rare à proximité des Champs Elysées et de l’avenue Montaigne, à Paris. Autant savoir… File d’attente, comme à la boulangerie un dimanche matin. Sous le drapeau à feuille d’érable qui fait la moue. Pas assez de vent pour qu’il se déroule, fier. Mais c’est là. La chancellerie de l’ambassade du Canada. Un bâtiment sans prétention. Mais avec une sécurité importante. L’enveloppe (toujours brune) est remise avec le sourire et des encouragements de réussite. Merci. Des formulaires à signer lors du passage au bureau de l’immigration à l’aéroport d’arrivée. Et les passeports avec les visas. Un auto-collant avec hologrammes, feuilles d’érable, policiers à cheval, découpes spéciales pour la sécurité. Tout ce que peut porter un billet de banque en matière de sécurité. Dans nos poches à 22 jours du départ. Merci à tous ceux qui nous ont remonté le moral lorsque nous étions désespérés par l’attente. Et 378 jours après l’envoi de la demande de certificat de sélection auprès de la province de Québec, nous sommes proclamés « résidents permanents du Canada ». Et nous pouvons désormais en faire usage.
Nous levons notre verre à tous les autres qui attendent un document, une décision. Et nous encourageons tous ceux qui hésitent à passer le cap. C’est une expérience qui enrichit le couple et la famille.

3 avril 2008
Vous allez trouver cela stupide, mais j’avais laissé les documents précieux, et notamment les passeports dans une ancienne commode, dans le salon. Et bien sûr, le 26 février, lors du déménagement, nos passeports sont partis dans le container. Je sais, c’est pas malin. Aujourd’hui, à 11h15, chez Putters, à Bruxelles. Le container est ouvert. Deux employés de Putters sont là pour le vider. A la recherche du meuble. Après 30 minutes, voici le meuble, emballé de papier à bulles. Je récupère le contenu des deux tiroirs. Actes notariés de l’achat du terrain, arpentage, extraits de compte, et … les passeports.
Ils seront prêts pour leur voyage de mardi prochain vers Paris. Où Jean-Marc les déposera à l’ambassade du Canada pour qu’ils reçoivent le fameux sésame (entendez le visa de résident permanent).
Merci beaucoup à la société Putters qui a été très compréhensive face à notre bêtise.
